Berlin - Mercredi 5 septembre 2001
Le Président de la République, accompagné du Premier ministre, Lionel Jospin et du ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, rencontre à Berlin le chancelier allemand ,Gerhard Schröeder, et le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, dans la nouvelle chancellerie construite à côté du Reichstag.
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Le Président - Je voudrais d’abord féliciter l’interprète. Je voudrais également remercier chaleureusement le chancelier pour l’accueil qu’il nous a réservé ici ce soir à Berlin. Et je voudrais également féliciter Berlin d’avoir aujourd’hui une chancellerie de cette qualité. Nous l’avons beaucoup admirée.
Le chancelier a évoqué tous les sujets que nous avons traités, et a dit ce que nous avions dit. Je n’ai donc rien à ajouter, si ce n’est que je voudrais souligner l’importance et la qualité de la coopération entre l’Allemagne et la France sur tous les sujets d’intérêt commun, qu’il s’agisse des problèmes européens ou des problèmes internationaux.
Il y a eu une parfaite convergence de vues entre nous pour ce qui concerne l’évolution du débat qui se déroule pour la définition de l’Europe de demain, et nous n’aurons aucune difficulté à nous mettre d’accord, ni sur les objectifs, ni sur les procédures. Il ne s’agit pas naturellement d’imposer quoi que ce soit à nos partenaires, le chancelier a eu raison de le souligner, mais il s’agit pour l’Allemagne et la France de conserver leur vocation à être l’un des moteurs de la construction et de l’adaptation de l’Europe aux exigences du monde d’aujourd’hui. Même convergences de vues pour ce qui concerne la crise macédonienne et aussi celle qui sévit, hélas, au Moyen-Orient. Même approche et même préoccupation à l’égard d’une mondialisation dont chacun connaît les avantages, mais qui doit être mieux maîtrisée dans ses conséquences notamment humaines et sociales. Je terminerai en disant que ces entretiens informels sont, au fond, ce qu’il y a de plus efficace où on peut évoquer les problèmes de la façon la plus libre et ce qu’on règle plus facilement. Je remercie le chancelier.
Le Premier ministre - Je voudrais à mon tour remercier le chancelier Schröder de son accueil ici même. Cette chancellerie est grande, comme l’Allemagne, transparente, comme la démocratie et aérienne, comme l’élan que nous souhaiterions donner à l’Europe. Nos dîners, c’est je crois le quatrième, sont non seulement bien sûr très agréables pour nous, mais je crois qu’on a déjà constaté et qu’on constatera encore qu’ils se révèlent féconds. Ils nous servent à préparer les positions qui seront celles de nos gouvernements dans les instances européennes et au plan international, et c’est souvent, je crois, quelques semaines après ces rencontres que l’on constate à quel point elles ont été utiles.
Pour la préparation de Laeken, il y a un débat démocratique qui a commencé en France. Il faut qu’il puisse se dérouler normalement. Il y a des discussions avec nos partenaires, elles doivent être respectées, mais il me semble que si la France et l’Allemagne peuvent s’entendre sur la méthode et rapprocher leurs points de vues sur les contenus, ce sera utile à toute l’Europe. Quant à la mondialisation, c’est à la fois un fait, un motif d’inquiétude pour nos opinions et un objet pour une sorte de nouvel espace démocratique à l’échelle internationale. Nous devons naturellement condamner et réprimer également avec mesure les groupes violents, mais être capables de nouer un dialogue avec ceux qui, de façon sincère, veulent poser les problèmes et l’inégalité du processus de la mondialisation. Le chancelier Schröder a bien voulu faire écho à une expression que j’avais eue sur les problèmes de la mondialisation et aussi à propos de la taxe Tobin. Le professeur. Tobin a d’ailleurs lui-même récemment dit qu’il ne reconnaissait pas toujours ses supporters. Je suis très heureux que la proposition nous ait été faite par Gerhard Schröder de créer un groupe de travail franco-allemand sur ces questions de la mondialisation et nous y participerons du côté français avec vraiment beaucoup de conviction et de sérieux, car ces problèmes sont sérieux.
Sur le Proche-Orient, nous continuerons à nous battre contre la haine, pour la paix, pour la raison et il faut remercier nos ministres des Affaires étrangères allemand, français, d’autres européens pour le travail qu’ils essayent d’accomplir, même si pour le moment les facteurs de pessimismes sont plus grands que les facteurs d’optimisme.
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Source : MAE
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