"Oubliés les désaccords , Paris et Berlin sont de nouveau sur la même longueur d’onde à propos de la Libye. Pour Guido Westerwelle, le chef de la diplomatie allemande, le constat rassurant dressé par son homologue français,
Alain Juppé, invité d’honneur de la conférence des ambassadeurs allemands, lundi à Berlin, tombait à pic. Englué dans une tempête de critiques en raison de ses prises de position contestées sur le régime de Mouammar Kadhafi, Westerwelle est un
« ministre en sursis », selon les médias outre-Rhin.
« La relation franco-allemande est en pleine forme », a tenu à préciser Alain Juppé. Avant de concéder que Paris et Berlin ne
« sont pas toujours spontanément d’accord sur tout ».
« En Libye, nous partagions le même objectif : permettre au peuple libyen de recouvrer la liberté et changer de régime. Nous n’avons pas eu la même approche pour y parvenir. Ce chapitre est clos. Nous travaillons maintenant coude à coude », a-t-il précisé, en réponse à une question sur les rumeurs de démission entourant Westerwelle.
En mars, sous l’impulsion de son chef de la diplomatie, l’Allemagne s’était abstenue lors du vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorisant le recours à la force pour protéger les civils libyens, avant de refuser toute participation à l’opération de l’Otan. Westerwelle est critiqué jusque dans la coalition gouvernementale pour avoir expliqué à plusieurs reprises que les sanctions de l’ONU avaient joué un rôle clé dans la chute de Tripoli, et que l’Allemagne était en première ligne sur le dossier. Lundi, il a fait marche arrière en disant son
« respect pour la France » et les autres pays liés par la résolution 1973. Et il a réaffirmé qu’
« en dernier recours » l’Allemagne prendrait ses responsabilités en Libye avec une participation militaire.
Mea culpa
Contesté pour avoir fragilisé les relations de l’Allemagne avec ses alliés les plus proches, Westerwelle avait dû céder la direction d’un parti libéral à la dérive au printemps. De nouveau acculé, il avait entamé son
mea culpa dimanche. Dans les colonnes du
Welt am Sonntag, il s’était réjoui
« que l’intervention militaire ait permis la chute du régime de Kadhafi » et avait dit son
« respect » pour les
« résultats obtenus par nos partenaires grâce à la résolution 1973 ».
Berlin serait désormais disposé à participer à une mission de stabilisation en Libye, à condition qu’elle soit déployée sous mandat de l’ONU. Selon les médias allemands, le virage de Westerwelle s’est opéré sous injonction du chef du parti libéral, Philipp Rössler, alors que des noms circulaient déjà pour lui succéder à la tête du ministère des Affaires étrangères.(...)"